Sinistrose

La période est morose pour ne pas dire sombre. Je constate que je ris moins souvent, que je me sens moins serein. Le seul lieu de calme est mon cocon domestique. Le grand coupable, dénoncé quotidiennement dans les journaux et à la télé, est la crise économico-sociale, épouvantail conceptuel qui me rappelle la fin du monde millénariste.

Sauf que là, l’apocalypse s’annonce en début de millénaire. Oui, la mondialisation modifie l’équilibre des forces économiques. Oui, la Chine achète des états (la Grèce) et des continents (l’Afrique) en faillite. Oui, le salarié français va payer très cher son refus de s’adapter.

Dans ce contexte sinistre, je blâme 3 catégories de personnes:

  • Les politiciens ne jouent que de dialectique pour assoir leur pouvoir personnel, quand on attend d’eux un cadre social équitable, où le citoyen trouve son compte à vivre en communauté.
  • Les journalistes se substituent à la Française Des Jeux pour lancer des pronostics sur telle ou telle élection ou nomination, afin de combler le vide odieux d’information analysée et constructive.
  • Les responsables des chaînes TV remplissent leurs programmes d’émissions abrutissantes valorisant la médiocrité (Télé-réalité), la vexation (compétitions diverses) et l’addiction (séries américaines clonées les unes sur les autres).

Les politiques, avides de pouvoir, spolient les citoyens. Les journalistes et les responsables de chaîne TV, avides d’audience, polluent notre raison.

En alignant les caractéristiques de ce que produisent ces 3 espèces, nous obtenons le pire du genre humain : égoïsme, cupidité, mensonge, cruauté, spoliation, orgueil. Je pense que le seul péché capital qui leur échappe est la paresse. Car il faut leur reconnaître une débauche d’énergie pour mener à bien leur entreprise.

Je suis un particulier isolé et en peine de trouver les moyens d’influer sur le sort de ma ville, de ma région, de mon pays, de ma planète. La douleur pénètre dans ma sphère intime par l’écran de télévision, d’où me vient le bruit assourdissant généré conjointement par les 3 nuisances. Je n’éteins pas ma TV. Elle m’a coûté trop de jours de travail pour que je renonce à son bel écran HD. En revanche, je compose ma programmation grâce à la vidéo à la demande, où mes préférences sont le cinéma, la culture et le voyage.

Suis-je dans le déni et l’abandon ? Je ne pense pas, car j’entends tout de même ce qui se passe, mais filtré par un recul volontaire. L’instantané n’est pas source de raison et de construction. Il faut du temps pour voir les lignes de force et trouver où agir.

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