Économie de mots

Stop aux palabres !

La concision renforce la pertinence. La logorrhée tue l’écoute.

Lors de mes années de collège, j’ai été influencé par un professeur de français, qui a su me transmettre le goût de l’écriture à travers, en particulier, un exercice de contraction de texte. Réduire le nombre de mots à l’extrême est la distillation de la pensée, pour obtenir un concentré de sens (tant du côté de la sémantique que du sensoriel).

La contrainte (ici en termes d’espace) conduit au renoncement choisi et donc à l’épure. La versification est un exemple de travail contraint sur la forme, qui amène à simultanément concentrer et embellir le propos. Au contraire, le discours prolixe me semble être un artifice pour masquer la faiblesse du fond. Cette considération ne s’applique pas à l’art du conte, où le plaisir est obtenu par la dramaturgie, le timbre et le style du conteur autant que par l’histoire elle-même.

L’éloquence est magnifiée par un travail sur la clarté, la concision, l’élimination des sujets parasites et aussi sur l’élégance. Car être concis ne signifie pas être rugueux. Ma sensibilité esthétique me pousse à chercher l’harmonie du texte, par l’équilibre des phrases, le choix des mots et des sonorités.

Enfant, j’étais si timide que parler à un inconnu était une épreuve difficile. Pour m’adresser à quelqu’un (un marchand par exemple), je préparais mentalement ma phrase avant de me lancer. Mes formulations étaient donc surprenantes et en décalage avec mon âge. La timidité est une contrainte qui renforce la puissance du propos, puisque chaque mot coûte. Un handicap (paralysie, bégaiement…) peut rendre l’expression si compliquée que le superflu est éliminé dans les échanges avec autrui.

Je suis confronté quotidiennement à des présentations, des articles ou des allocutions, dont le flot incontrôlé me lasse. Je suis persuadé que ceux dont l’activité est, en partie, d’exprimer des idées (par exemple les consultants, les philosophes et les politiques) doivent mettre en œuvre une économie de mots.

2 réflexions sur « Économie de mots »

  1. + pour les propos sur la concision
    ++ pour le CV (belle application du principe ci-dessus)
    – « handicap » et « Pour m’adresser à quelqu’un »
    Bonne continuation

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *